Croatie 2011
Mis à jour le dimanche 3 juillet 2011
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Nous rentrons d’un séjour en Croatie en camping-car. Cette destination est actuellement très prisée mais le pays panse ses plaies. À la pointe sud du territoire où la côte est magnifique, rien ne laisse imaginer qu’il y a vingt ans la guerre faisait des ravages.
Depuis Split, nous pénétrons l’intérieur des terres et nous mesurons ce que ces pauvres gens ont dû vivre. Les bâtiments sont restés en l’état et on peut voir des multitudes d’impacts de balles sur les murs encore debout. Les habitants, âgés, voûtés, ont dû rafistoler tant bien que mal leur habitation et semblent porter le poids des horreurs passées sur leurs épaules. Lorsque nous passons, ils nous font un signe de la main. Beaucoup sont agriculteurs avec quelques chèvres, une vache, un peu de vigne et des champs de pommes de terre. Ils se déplacent tous à pieds ou sur de vieilles bicyclettes rouillées. À Knin, nous apercevons une dame très âgée qui longe la voie ferrée chargée de deux sacs de courses qui semblent très lourds ; elle doit habiter un petit village et rentre de la ville après s’être réapprovisionnée.
Toujours en remontant vers le nord, nous traversons des campagnes en friche, des parcelles entourées de murets de pierre, des villages complètement déserts. Partout des ruines, des maisons en cours de restauration abandonnées ; les habitants ont dû fuir ou ne sont plus de ce monde. Un tout petit village compte deux cimetières non entretenus. Dans un hameau, des peaux de chèvre sèchent.
Enfin, nous quittons ces lieux de désolation et nous arrivons au Parc National de Plitvice. Nous nous arrêtons et visitons une parcelle de ce lieu resté à l’état sauvage. Hormis un chemin, une voie ferrée et quelques installations touristiques, c’est la nature à l’état brut car toute intervention humaine y est interdite. Nous traversons en bateau un des seize lacs du parc qui communiquent entre eux par des cascades. Nous marchons durant un bon moment au beau milieu de hêtres et de pins magnifiques, longeons de petites rivières tourmentées et croisons des petites chutes d’eau. Nous sommes émerveillés. Pour terminer, nous empruntons un petit train panoramique qui nous ramène à l’entrée. Nous sommes emplis d’oxygène et du bienfait des ions négatifs. Ce coin de paradis de près de 300 km2 fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco et abrite encore des ours et des loups.
Nous reprenons la route qui, au passage, est d’une très grande propreté. Pas un papier ne traîne contrairement à de nombreux autres pays. Nous retrouvons la côte adriatique et au terme de notre périple, ne pouvons pas quitter le pays sans visiter un des joyaux de la civilisation romaine : Pula. Cette ville vieille de trois millénaires compte de nos jours 60 000 habitants. C’est la capitale de l’Istrie et l’eau y est transparente. De nombreux vestiges témoignent de la magnificence et de la domination culturelle de l’Empire. Outre les restes d’un temple dédié à Auguste, l’ancien capitole du forum transformé en palais communal, un arc de triomphe, un mur d’enceinte en ruines et les restes de deux théâtres antiques, l’endroit est surtout renommé pour son amphithéâtre. Sa construction démarrée au 1er siècle après J-C. par Auguste fut terminée sous le règne de l’empereur Vespasien. Les combats de gladiateurs y eurent lieu jusqu’en 681. Le monument est très bien conservé et joliment restauré. Ses dimensions elliptiques au sol et ses 32 mètres de hauteur en font un des six plus grands amphithéâtres au monde ; il pouvait accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. La technique d’implantation est, chose rare pour ce type d’édifice, empruntée aux théâtres et il se trouve adossé à une colline. Le mur d’enceinte, parfaitement conservé, est composé de deux rangées de 72 arches et de quatre tours. Les gradins d’origine ont totalement disparus, pillés pour servir à la construction d’autres édifices, mais ont été parfaitement restaurés dans les années 30. S’asseoir sur ces emplacements 20 siècles plus tard, en essayant d’imaginer les sanglants combats fut assez émouvant. Même en fermant les yeux, aucune image de combattants, de lions ou de chars n’est venue en dehors des visions de péplum de notre jeunesse. Le sous-sol a été aménagé en musée. Une exposition traitant des métiers de la vigne et de la production d’olives de l’époque montre un pressoir, un moulin à huile et une très grande quantité d’amphores. L’huile et le vin coulaient à flots.
Paysages magnifiques, nature authentique et sauvage, côte méditerranéenne splendide, sites antiques grandioses, la Croatie est un pays à visiter. Il faudra sans doute de nombreuses années avant que les traces de la guerre d’indépendance disparaissent, mais la croissance économique et les recettes touristiques devraient aider à y remédier.
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